Elle savait depuis longtemps qu'il était très libertin, qu'il ne voulait aucune attache, qu'ils se méfiait des sentiments mais les désirs ne sont pas éternels ...
L'amour c'est bien pour elle un mélange fort de sentiments et de désirs ; bien sûr, ce n'est plus la mode tant pis, on parle volontiers que de sexualité pour parler d'amour. Pauvre couple basé uniquement sur les jeux sexuels ; quand ils n'existent plus ou quand ils existent sans désir, c'est encore pire !
Elle s'interrogeait elle aussi, comment avait-elle pu vivre dans la bigamie pendant ce temps passé avec l'impossibilité de quitter son mari.
Ne lui avait-il pas tout apporter, tout prêter car il ne donnait rien : sa personne, sa maison, sa richesse, sa vie bourgeoise avec une complète indépendance ; était-ce à cause de ses avantages matériels qu'elle avait mis si longtemps à le quitter malgré sa méchanceté, son ironie, son arrivisme, sa soif d'argent elle avait gardé envers lui une certaine amitié et quand elle le revoyait par hasard, c'était assez cordial !
Elle ne cherchait pas trop à comprendre cette relation ambiguë avec Thomas, elle ne lui avait pas encore parler de sa frustration avec ces rencontres programmées, organisées, non aseptisées bien sûr !
Craignait-il de perdre tout désir pour elle, c'était ce qu'elle pensait mais cette situation était impossible pour elle !
Une vie trop programmée, sans imprévus tue les désirs ! rien de tel pour devenir insensible !
Et pourtant Rosine n'avait pas souhaité une cohabitation, elle voulait garder une demi indépendance donc elle n'avait pas demander de mutation, elle travaillait toujours à Edouard Herriot.